11 octobre 2026 – 19:00 – Business Liège, la semaine 1 – EVS, John Cockerill, Liege Airport — Durée: 13 min 04

La semaine 1 · 11 octobre 2026 · Édition de 19h00 · 13 min 04

Points clés

  • EVS (Liège, Sart-Tilman) a ramené le 7 octobre sa prévision de chiffre d’affaires 2026 à 190-205 millions d’euros, contre 220-240 millions : commandes de septembre très en dessous des attentes et environ un quart des projets du quatrième trimestre reportés à 2027 ; l’action a perdu plus de 30 % dans la foulée, et l’impact sur la rentabilité sera chiffré le 17 novembre.
  • John Cockerill (Seraing) rembourse quelque 9 millions d’euros de subsides wallons après l’abandon du projet d’hydrogène vert HaYrport à Liege Airport ; le groupe fournira un électrolyseur de 15 MW au projet Vallhyège à Engis (2028) et a commandé, via John Cockerill Hydrogen, 128 analyseurs de gaz (environ 4 millions d’euros) à l’indien Axis Solutions pour un projet à Kakinada, en Inde.
  • Commerce à Liège : 43 commerces du centre ont été touchés par les émeutes de début octobre ; le fédéral ouvre le chômage temporaire pour force majeure (Onem), un report jusqu’à un an de la cotisation provisoire du 4e trimestre 2026 des indépendants (Inasti) et le droit passerelle ; Dott a retiré sa flotte du centre-ville.
  • Dossier — Liege Airport et la taxe européenne de 3 euros sur les petits colis (depuis le 1er juillet 2026) : en juillet, colis e-commerce en recul de 24 % sur un an et de 41 % sur un mois, colis de plus de 150 euros en hausse d’environ 10 %, tonnage total en hausse de 4 % ; l’aéroport estime avoir perdu environ 27 % de son fret asiatique, soit près de 10 % de son fret total.
  • Taxe sur les petits colis : 223 millions d’euros de recettes en Belgique entre juillet et début septembre (75 % pour l’Union européenne, 25 % pour la Belgique) ; une redevance supplémentaire de 2 euros par colis liée aux contrôles est attendue en novembre.
  • Chiffre de la semaine : 28 300 m², la surface approximative de terrains communaux que la Ville de Spa propose d’échanger avec Spa Monopole (groupe Spadel) contre la gare de Spa et une parcelle de 5 460 m² avenue Amédée Hesse ; accord de principe unanime du conseil communal le 8 octobre, estimations attendues pour le 25 octobre.
  • Semaine du 12 au 18 octobre : Digital Week de HELMo (12-16), Customs Ecosystem Congress de l’ULiège et du GRE-Liège (13-14, salle académique le 14), jobday ConstruForm à Grâce-Hollogne avec 35 emplois et E-Forum Belgique au Val Benoît (15), petit-déjeuner bioéconomie au Val Benoît et 30e Salon du vin de Malmedy (16-18).
  • Entreprises à surveiller : Degotte (Herstal), dont le rachat par Adapteo doit être finalisé fin octobre ; Carat Duchatelet, permis accordé à Ans pour 8 500 m² malgré plus de 600 réclamations, délai de recours de 20 jours ; EVS, mise à jour du 17 novembre.

Les épisodes de la semaine

Notes de l’épisode

La semaine 1 de Business Liège revient sur les trois sujets business de la semaine du 5 au 11 octobre 2026 en province de Liège : la prévision de chiffre d’affaires revue à la baisse par EVS, le remboursement des subsides du projet HaYrport par John Cockerill et sa commande en Inde, et l’aide aux 43 commerces touchés dans le centre de Liège. Le dossier analyse l’impact de la taxe européenne de 3 euros sur les petits colis à Liege Airport ; le chiffre de la semaine vient de Spa (28 300 m² de terrains communaux proposés à Spa Monopole), suivi de l’agenda du 12 au 18 octobre et de trois entreprises à surveiller.

Cette édition contient un spot publicitaire de 15 secondes pour Maison Hardy, diffusé en début d’épisode après l’annonce « Avec le support de : » et distinct du contenu rédactionnel.

Entreprises et organisations citées :

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Business Liège, la semaine.

Avec le support de : [Spot publicitaire — Maison Hardy]

Au sommaire : EVS revoit ses ambitions, John Cockerill solde le dossier HaYrport, et les commerçants du centre de Liège après les émeutes. Puis le dossier de la semaine : Liege Airport face à la taxe européenne sur les petits colis. Le chiffre de la semaine vient de Spa, et on termine avec la semaine qui vient. On commence par la plus grosse secousse de la semaine. EVS, le champion liégeois de la vidéo en direct, installé au Sart-Tilman, a sorti un avertissement sur son chiffre d’affaires.

Oui, mercredi soir. EVS ne vise plus que cent nonante à deux cent cinq millions d’euros de chiffre d’affaires sur l’année deux mille vingt-six. Jusque-là, l’entreprise annonçait entre deux cent vingt et deux cent quarante millions. La raison : des commandes de septembre très en dessous des attentes, et des clients qui prennent beaucoup plus de temps pour décider leurs investissements, notamment à cause du contexte géopolitique.

Et ça représente quoi, concrètement, ce retard ?

Environ un quart des projets qu’EVS espérait signer au quatrième trimestre glisse vers deux mille vingt-sept. Et certains clients ont tout simplement annulé, faute de budget. Au lieu d’une croissance de six à quinze pour cent, on parle maintenant d’un recul de l’ordre de un et demi à près de neuf pour cent.

Qu’est-ce qui a bougé depuis notre édition de jeudi ?

La sanction de la bourse : dans la foulée de l’annonce, l’action a perdu plus de trente pour cent. Mais il faut nuancer. EVS n’a pas de dette, son bilan reste solide, et l’entreprise insiste sur le fait qu’il s’agit surtout de commandes décalées, pas perdues. Le directeur financier, Christophe Piron, prévient toutefois que la rentabilité deux mille vingt-six en souffrira. On saura de combien le dix-sept novembre, lors de la mise à jour du troisième trimestre.

Pour situer l’enjeu, EVS visait encore cet été un bénéfice opérationnel de quarante à cinquante millions d’euros ?

Oui, contre quarante-trois virgule trois millions en deux mille vingt-cinq. C’est cet objectif-là qui sera revu en novembre. Les analystes ont déjà réagi : KBC Securities a ramené son objectif de cours de quarante-et-un à trente-deux euros, tout en restant à l’achat. Pour Liège, c’est une entreprise phare de la technologie, cotée en bourse, dont les serveurs équipent les grands événements sportifs du monde entier. Quand elle tousse, tout l’écosystème du Sart-Tilman le remarque.

Deuxième sujet de la semaine, l’hydrogène. John Cockerill tourne la page HaYrport à Liege Airport.

Le projet devait doter l’aéroport d’une station de production et de distribution d’hydrogène vert pour ses véhicules. Feu vert wallon en deux mille vingt-et-un, mise en service prévue fin deux mille vingt-deux, puis abandon : pas assez d’hydrogène consommé sur place pour rentabiliser l’installation. John Cockerill s’est accordé avec la Wallonie pour rembourser les quelque neuf millions d’euros de subsides reçus.

C’est assez rare, une entreprise qui rend l’argent public.

Ça montre surtout que le projet ne trouvait pas son modèle. L’entreprise dit avoir étudié d’autres pistes pour aller chercher l’énergie verte ailleurs, sans solution pour l’aéroport. Et pour Liege Airport, qui s’était fixé l’objectif zéro carbone pour ses infrastructures en deux mille trente, il faudra trouver une autre voie.

Donc l’aéroport n’aura pas d’hydrogène vert ?

Pas par ce projet-là. La relève pourrait venir d’Engis, avec le projet Vallhyège, attendu pour deux mille vingt-huit, pour lequel John Cockerill doit fournir un électrolyseur de quinze mégawatts.

Et du neuf depuis notre édition de jeudi ?

Oui, côté commandes. On a appris cette semaine que la filiale belge John Cockerill Hydrogen a passé une commande d’environ quatre millions d’euros à l’industriel indien Axis Solutions : cent vingt-huit analyseurs d’oxygène et d’hydrogène pour trente-deux unités de séparation de gaz, sur un grand projet d’hydrogène à Kakinada, en Inde. Livraisons prévues de juillet à décembre deux mille vingt-sept. Pour le groupe de Seraing, le signal est clair : l’hydrogène ne se joue pas à l’aéroport de Liège, mais il se joue à l’export, sur de très grosses installations.

Troisième sujet, plus douloureux. Les commerçants du centre de Liège, après les émeutes en marge des manifestations d’élèves.

Le bilan dressé par l’échevin du Commerce, Fabrice Drèze, est lourd : quarante-trois commerces touchés. Vitrines brisées, pillages, enseignes qui ont dû baisser le volet plusieurs jours. Son message, c’est que ces commerces sont ouverts et qu’ils ont besoin de clients.

Et l’impact dépasse les vitrines.

Oui. L’opérateur de trottinettes partagées Dott a retiré sa flotte du centre de Liège, après six engins perdus et trois vélos brûlés. L’UCM Liège, qui représente les indépendants, demande que les commerces soient protégés lors des prochaines manifestations. Et pour beaucoup de petits commerçants, quelques jours de fermeture en octobre, c’est une trésorerie qui se tend juste avant la période des fêtes.

Et qu’est-ce qui a changé depuis ?

Le fédéral a réagi vendredi. Le ministre de l’Économie, David Clarinval, et la ministre des Indépendants, Éléonore Simonet, ont détaillé les aides. Un, le chômage temporaire pour force majeure pour les salariés d’un commerce qui ne peut plus travailler, examiné au cas par cas par l’Onem. Deux, un report de paiement allant jusqu’à un an pour la cotisation sociale provisoire du quatrième trimestre deux mille vingt-six des indépendants touchés, avec une possible réduction. Trois, le droit passerelle pour les petites entreprises contraintes d’interrompre leur activité.

Et les dégâts eux-mêmes ?

C’est l’assurance incendie qui couvre en principe le vandalisme et les bris de vitrine, et les premiers dossiers d’indemnisation sont déjà introduits. Il est conseillé de garder les photos, le constat de police et la durée prévue des réparations.

Place au dossier de la semaine. Direction Bierset, à Liege Airport, qui vit un vrai tournant depuis l’été.

Oui, et pour comprendre, il faut rappeler une chose : Liège est l’aéroport qui traite le plus de colis de commerce en ligne en Europe. Trois virgule six millions de colis par jour en deux mille vingt-cinq, et plus de cinq millions par jour au début de deux mille vingt-six. Beaucoup viennent de Chine, en partie via le hub logistique d’Alibaba installé sur le site.

Et le tournant, c’est la taxe européenne.

Exactement. Depuis le premier juillet deux mille vingt-six, l’Union européenne a supprimé l’exonération de droits de douane pour les petits colis de moins de cent cinquante euros venant de l’extérieur de l’Union. À la place, un droit forfaitaire de trois euros. Et attention : s’il y a plusieurs catégories de produits dans un même colis, les trois euros s’appliquent à chacune.

L’effet a été immédiat ?

Brutal, même. En juillet, sur la zone douanière de Liège-Bierset, le nombre de colis de commerce en ligne a reculé de vingt-quatre pour cent par rapport à juillet deux mille vingt-cinq, et de quarante-et-un pour cent par rapport à juin. Les déclarations en douane ont chuté de moitié sur un an. En revanche, les colis de plus de cent cinquante euros, eux, ont progressé d’environ dix pour cent.

Ce qui veut dire que les vendeurs s’adaptent.

C’est l’objectif européen : que les plateformes importent en gros, puis redistribuent depuis l’Europe, au lieu d’envoyer des millions de petits paquets un par un. Et c’est là que ça devient intéressant pour Liège : malgré la chute des petits colis, le tonnage total traité à l’aéroport a augmenté de quatre pour cent en juillet, avec quatre pour cent de vols en moins. Ce sont les produits pharmaceutiques, les équipements pour centres de données et les fleurs qui ont compensé.

Mais sur la durée, on mesure quoi ?

Les responsables commerciaux de l’aéroport estiment avoir perdu environ vingt-sept pour cent du fret en provenance d’Asie, soit à peu près dix pour cent de tout le fret de Liege Airport. Avec une précaution : l’été fait toujours baisser les volumes d’une dizaine de pour cent, donc il est encore difficile de séparer l’effet de la taxe de l’effet saisonnier.

Et la concurrence entre aéroports européens, dans tout ça ?

C’est le point sensible. Chaque pays de l’Union perçoit la taxe à sa manière. Certains exigent de grosses garanties ou des dépôts, d’autres sont plus souples. Et les opérateurs déplacent une partie de leur trafic vers les pays où c’est le plus simple. Pour Liège, la façon de collecter compte donc presque autant que le montant de la taxe lui-même.

Côté finances publiques, ça rapporte ?

Beaucoup. Début septembre, la taxe avait déjà rapporté deux cent vingt-trois millions d’euros en Belgique depuis juillet, environ trente-deux millions par semaine. Trois quarts vont à l’Union européenne, un quart à la Belgique.

Et la suite ?

Trois échéances. D’abord, une redevance supplémentaire de deux euros par colis, liée au coût des contrôles, est attendue en novembre, mais ses modalités restent floues. Ensuite, l’enjeu des contrôles : avant l’été, à peine zéro virgule zéro zéro six pour cent des envois aux particuliers passant par l’aéroport étaient contrôlés. Enfin, la grande réforme du code des douanes de l’Union, avec près de cent quatre-vingts textes d’application à écrire. Et justement, Liège accueille cette semaine le congrès européen consacré à cette réforme.

Donc pour Liege Airport, la stratégie, c’est de ne plus dépendre uniquement des petits colis.

C’est ça. Pharma, semi-conducteurs, chaîne du froid : l’aéroport mise sur le fret à forte valeur ajoutée. Et il reste convaincu que le commerce en ligne repartira, parce que la demande des consommateurs, elle, n’a pas disparu.

Et pour l’emploi autour de l’aéroport, c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

Les deux à la fois. Moins de petits colis, c’est moins de tri à la chaîne pour les opérateurs logistiques. Mais du fret pharmaceutique ou des équipements électroniques demandent des compétences plus pointues, de la chaîne du froid, des contrôles plus fins. Et la douane elle-même renforce ses moyens à Bierset. Ce qui est sûr, c’est que Liege Airport ne peut plus compter sur une seule locomotive, et que la façon dont l’Europe organisera ses contrôles dans les prochains mois pèsera directement sur l’activité de la région.

Le chiffre de la semaine, maintenant. Il vient de Spa.

Vingt-huit mille trois cents. C’est, en mètres carrés, la surface approximative de terrains communaux que la Ville de Spa propose de céder à Spa Monopole, la société du groupe Spadel : environ dix-neuf mille trois cents mètres carrés au lieu-dit Vecqueterre, et neuf mille le long de la rue de la Sauvenière. En échange, la Ville récupérerait la gare de Spa et une parcelle de cinq mille quatre cent soixante mètres carrés avenue Amédée Hesse.

Pourquoi Spa Monopole veut ces terrains ?

Pour ses installations de traitement de l’eau et de nouveaux captages, donc pour sécuriser sa production à Spa. Le conseil communal a donné son accord de principe à l’unanimité jeudi. Les estimations des notaires sont attendues pour le vingt-cinq octobre au plus tard, et un projet d’acte devra revenir devant le conseil.

Et la gare, la Ville en ferait quoi ?

Rien n’est encore arrêté publiquement. Mais pour Spa, récupérer la maîtrise de sa gare, c’est reprendre la main sur une porte d’entrée de la ville. Et pour Spa Monopole, l’eau minérale reste son cœur de métier : chaque nouveau captage compte.

Et pour finir, la semaine qui vient. Qu’est-ce qu’on retient dans l’agenda ?

Du lundi douze au vendredi seize octobre, la Digital Week de la haute école HELMo, au campus Guillemins : les étudiants planchent sur les défis de marketing numérique de dix projets d’entreprises. Mardi treize et mercredi quatorze, Liège accueille le Customs Ecosystem Congress, organisé par la faculté de droit de l’ULiège avec le GRE-Liège : une réunion à huis clos mardi, puis le congrès mercredi, toute la journée, à la salle académique de l’université, place du Vingt-Août. Au menu : la réforme douanière européenne dont on vient de parler. Jeudi quinze, deux rendez-vous. À Grâce-Hollogne, au centre de compétences ConstruForm, dix entreprises flamandes proposent trente-cinq emplois lors d’un jobday du Forem et du VDAB. Et au Val Benoît, à quatorze heures, l’E-Forum Belgique consacre une après-midi au commerce sur les réseaux sociaux, avec TikTok Shop, le live shopping et l’écosystème Meta. Vendredi seize, toujours au Val Benoît, petit-déjeuner conférence sur la bioéconomie, avec Valbiom, Biogaz du Haut Geer et Noshaq. Et du vendredi seize au dimanche dix-huit, le trentième Salon du vin et de la gastronomie de Malmedy, avec plus de nonante exposants. Et juste après, dès le lundi dix-neuf octobre, le Jumping international de la province de Liège s’installe à Liège Expo pour une semaine, avec une vingtaine de milliers de visiteurs attendus.

Et trois entreprises à surveiller ?

Un : Degotte, à Herstal. Le spécialiste des bâtiments modulaires, une soixantaine de travailleurs, passe sous le contrôle du suédois Adapteo. La finalisation du rachat est attendue fin octobre. Deux : Carat Duchatelet, le spécialiste du blindage de véhicules de luxe. La commune d’Ans lui a accordé le permis pour un hall de production et des bureaux de huit mille cinq cents mètres carrés rue de la Fabrique à Huile, malgré plus de six cents réclamations. Un délai de recours de vingt jours court depuis la publication de la décision, et des riverains envisagent de contester. Le déménagement depuis Bressoux en dépend. Et trois : EVS, encore, avec ce rendez-vous du dix-sept novembre, où l’on saura enfin combien ce trou d’air dans les commandes coûtera à ses bénéfices.

Prochaine édition demain à 8 heures. Retrouvez aussi Business Liège sur Spotify et Apple Podcasts.

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Le texte, la transcription et les voix de cet épisode sont produits par IA.

Prochaine édition demain à 8 heures.

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